jeudi 18 février 2010
Les yeux grands ouverts
Gardez les yeux grands ouverts. Regardez le ciel, voyez la lune dont le ventre grossit, connectez vous aux étoiles. Lorsque vous marchez, levez le nez, regardez plus loin que le bout de vos pieds, loin devant, là-bas l'horizon.
mercredi 17 février 2010
Tinaout bis
Pour ceux qui ne sont pas curieux, nouvel article datant de début janvier, mais publié seulement ce jour. Intitulé "Tailleur".
Secrets de femmmes
Dans le monde Touareg, le monde des femmes est très important. A l'origine, la société Touareg est une société matriarcale. La femme est le pilier de la tente, l'homme n'en est que l'invité. Les transmissions de mémoire, de culture, d'objets, se font via la mère.
Autour de se monde se sont développés de nombreux secrets de femmes. Secrets de parfum, chacun ayant un rôle et une histoire, secrets d'encens, secrets de vêtements, secrets de bijoux, secrets de cuisson des différents pains, secrets d'histoires de familles, d'histoires de femmes.
Elles les partagent maintenant avec moi, comme une des leurs, une femme de la tribu Touareg. Mais par respect pour elles, ces secrets resteront secrets.
Autour de se monde se sont développés de nombreux secrets de femmes. Secrets de parfum, chacun ayant un rôle et une histoire, secrets d'encens, secrets de vêtements, secrets de bijoux, secrets de cuisson des différents pains, secrets d'histoires de familles, d'histoires de femmes.
Elles les partagent maintenant avec moi, comme une des leurs, une femme de la tribu Touareg. Mais par respect pour elles, ces secrets resteront secrets.
dimanche 14 février 2010
Juste une minute
Lundi, un peu avant midi, nous sommes allé à Djahil, Moussa et moi, pour dire bonjour. Djamel vient nous voir alors que nous sommes encore dans la voiture. Ils discutent Moussa et lui, en Tamacheck. Et il finit par dire," descendez juste une minute". J'entre dans la maison, je dis bonjour aux filles qui sont là. Fréddie, une amie française de Djamel est dans le jardin, en train de peindre quelques aquarelles. Je le rejoins. Tidouel arrive avec un plateau garni du repas du midi. Me voilà, en train de partager le plat avec elles. Après ce repas tellement agréable, à l'ombre des palmiers, Tidouel fait la vaisselle dans le filet d'eau qui coule au fond du jardin, tout simplement. Quelle belle image, tellement authentique.
Préparatifs ensuite pour aller faire le thé, dans l'oued, dans la nature. Remplissage du panier à thé, garni de ses deux théières, des verres à thé, la boîte à sucre, la boîte à thé, et le quart, gobelet qui sert à travailler le thé, elle y ajoute quelques gâteaux. Remplissage d'un jerrican d'eau. Nous ajoutons à cela deux tabardées, ces couvertures faites par les femmes qui isolent du sol, chaudes par temps froid, et tellement fraîches par grosse chaleur. Et nous voilà parties, accompagnées de deux amies de Djahil. Nous ramassons au passage quelques branches de palmier, quelques morceaux de bois, et quelques restes de charbon de bois de précédents feux. Tidouel va nous préparer le thé selon le rituel ancestrale, là au milieu de l'oued, face à la montagne qui surplombe Djahil. Les discussions de femmes s'installent, les rires, le bonheur.
Le soir, plusieurs invités doivent venir à la maison de Djahil. Je vais alors aider Tidouel à préparer le repas, au menu couscous. Je suis également invitée à rester pour la soirée. Nous passons un moment tellement agréable toutes les deux que nous en oublions de faire la soupe.
Le temps s'étale, les rencontres se créent, et je resterai à Djahil jusqu'à 23h.... j'étais rentrée pour une minute....
Préparatifs ensuite pour aller faire le thé, dans l'oued, dans la nature. Remplissage du panier à thé, garni de ses deux théières, des verres à thé, la boîte à sucre, la boîte à thé, et le quart, gobelet qui sert à travailler le thé, elle y ajoute quelques gâteaux. Remplissage d'un jerrican d'eau. Nous ajoutons à cela deux tabardées, ces couvertures faites par les femmes qui isolent du sol, chaudes par temps froid, et tellement fraîches par grosse chaleur. Et nous voilà parties, accompagnées de deux amies de Djahil. Nous ramassons au passage quelques branches de palmier, quelques morceaux de bois, et quelques restes de charbon de bois de précédents feux. Tidouel va nous préparer le thé selon le rituel ancestrale, là au milieu de l'oued, face à la montagne qui surplombe Djahil. Les discussions de femmes s'installent, les rires, le bonheur.
Le soir, plusieurs invités doivent venir à la maison de Djahil. Je vais alors aider Tidouel à préparer le repas, au menu couscous. Je suis également invitée à rester pour la soirée. Nous passons un moment tellement agréable toutes les deux que nous en oublions de faire la soupe.
Le temps s'étale, les rencontres se créent, et je resterai à Djahil jusqu'à 23h.... j'étais rentrée pour une minute....
vendredi 8 janvier 2010
Dictionnaire franco-touareg hybride
Il existe des termes utilisés par les Touaregs, issus de la langue française, mais transformée avec l'accent Touareg.
Petit jeu, à vous d'en trouver la signification d'origine. Ceux qui savent déjà ne soufflent pas aux autres. C'est parti:
chambrillère
la chatma
sambrillage
chorfeta
el bidoune
la cousina
el cajo
el cartouna
les zalamètes
al brica
triciti
al for
choufage
chlata
à vous de jouer.
Petit jeu, à vous d'en trouver la signification d'origine. Ceux qui savent déjà ne soufflent pas aux autres. C'est parti:
chambrillère
la chatma
sambrillage
chorfeta
el bidoune
la cousina
el cajo
el cartouna
les zalamètes
al brica
triciti
al for
choufage
chlata
à vous de jouer.
Les femmes
Mercredi soir, Tidouel m'a invitée à venir manger avec elle. Je ne l'avais pas vue depuis samedi. Elle me manquait déjà. J'arrive en fin d'après-midi, pas assez vite au goût de Tidouel puisqu'elle m'avait appellée vers 17h30 pour me rappeler que je venais chez elle le soir... Avant le repas, Ata passe dire bonjour. Elle nous invite alors à venir prendre le thé chez elle après manger. Alors, Tidouel accélère les choses. Nous mangeons toutes les deux, vite, vite. Ceci pour profiter du thé chez Ata. Le thé ici, c'est une religion. Un proverbe Touareg dit que pour faire un bon thé, il faut des braises, du temps et des amis. Ca résume très bien les choses.
Nous arrivons chez Ata. Dans la pièce des femmes se trouvent Zohara, la soeur de Ata, qui m'avait fait le henné avec Tidouel, et trois des vieilles femmes de Djahil, Tella, la mère de Tidouel, Nanie, et une autre que je ne connais pas. Quand je rentre dans la pièce, ce sont des grand "Aicha!".
Et la soirée commence, au rythme du thé. Le premier fort comme la mort, le deuxième doux comme la vie, et le troisième sucré comme l'amour. Doucement, doucement, au rythme de la théière qui chante. Part-terre de femmes, proches, intimes et soudées. Elles sont toutes soeurs, mères, filles, cousines. Une grande famille, unie. Djahil, ce quartier que j'aime tant, où tout le monde est tellement soudé. Si une famille rencontre des difficultés, les autres familles vont l'aider. Apporter à manger, partager la nourriture, aider pour les tâches ménagères, la garde des enfants. Un quartier, comme une grande maison.
Je me sens bien avec ces femmes. Elles m'ont complètement intégrée, acceptée telle une des leurs. Ce sont des instants intimes, des éclats de rire, de la complicité.
La vieille femme que je ne connaissais pas me donne les noms des constellations, le nom Touareg de chacun des sept étoiles des Pléiades. Les jeunes filles apprennent des mots Touaregs qu'elles ne connaissaient pas, remplacés par des termes arabes chez la jeune génération. Je suis heureuse de faire le lien entre elles et de relancer leur curiosité sur leur langue d'origine.
Cette soirée, alors qu'il fait froid dehors, m'aura apporté tellement de chaleur dans le coeur. Le bonheur des choses simples, des instants précieux.
Nous arrivons chez Ata. Dans la pièce des femmes se trouvent Zohara, la soeur de Ata, qui m'avait fait le henné avec Tidouel, et trois des vieilles femmes de Djahil, Tella, la mère de Tidouel, Nanie, et une autre que je ne connais pas. Quand je rentre dans la pièce, ce sont des grand "Aicha!".
Et la soirée commence, au rythme du thé. Le premier fort comme la mort, le deuxième doux comme la vie, et le troisième sucré comme l'amour. Doucement, doucement, au rythme de la théière qui chante. Part-terre de femmes, proches, intimes et soudées. Elles sont toutes soeurs, mères, filles, cousines. Une grande famille, unie. Djahil, ce quartier que j'aime tant, où tout le monde est tellement soudé. Si une famille rencontre des difficultés, les autres familles vont l'aider. Apporter à manger, partager la nourriture, aider pour les tâches ménagères, la garde des enfants. Un quartier, comme une grande maison.
Je me sens bien avec ces femmes. Elles m'ont complètement intégrée, acceptée telle une des leurs. Ce sont des instants intimes, des éclats de rire, de la complicité.
La vieille femme que je ne connaissais pas me donne les noms des constellations, le nom Touareg de chacun des sept étoiles des Pléiades. Les jeunes filles apprennent des mots Touaregs qu'elles ne connaissaient pas, remplacés par des termes arabes chez la jeune génération. Je suis heureuse de faire le lien entre elles et de relancer leur curiosité sur leur langue d'origine.
Cette soirée, alors qu'il fait froid dehors, m'aura apporté tellement de chaleur dans le coeur. Le bonheur des choses simples, des instants précieux.
lundi 4 janvier 2010
Tailleur
Courant Décembre, je voulais acheter une tenue un peu traditionnelle. Impossible de trouver quelque chose qui me plaisait ou quelque chose à ma taille.... Les tenues de femmes étant en taille unique, la seule réponse du vendeur a été, tu es trop maigre....
Alors, je suis allée chez le tailleur pour faire faire une tunique, aux formes et motifs mélangés. Tissu des pantalons des hommes, broderies aux couleurs de hommes, mais aux motifs féminins, encolure à ma sauce, manches style Niger mais en trois-quarts pour faire un peu "chiki" comme on dit ici.

Chez le tailleur sont exposées les tenues traditionnelles des hommes, en tissus de couleurs éclatantes, avec des motifs en surimpression.
Nous définissions ensemble les formes et les zones de broderies, à l'aide d'un petit shéma sur son cahier.
Il va travailler sur sa vieille machine à coudre, sans électronique et robuste! Demain soir, tout sera prêt.
Au mur, une sorte de papier peint mais qui a dû perdre sa peinture, se décolle, et sert de post-it géant, l'interrupteur aux couleurs locales, et l'éternel paquet de sacs plastiques poisons du désert.


Le lendemain soir, ma tunique est presque prête. Je dois patienter dans la "salle d'attente", chaise bancale à côté de la machine à coudre, chaise qui a plusieurs vie derrière elle...
Encore quelques finissions, fer à repasser pour que tout soit impeccable. Le travail est bien fait, et j'aime avoir la surprise de la touche de l'artiste lui-même. Le petit shéma transformé en belle tunique me convient à merveille.
Alors, je suis allée chez le tailleur pour faire faire une tunique, aux formes et motifs mélangés. Tissu des pantalons des hommes, broderies aux couleurs de hommes, mais aux motifs féminins, encolure à ma sauce, manches style Niger mais en trois-quarts pour faire un peu "chiki" comme on dit ici.
Chez le tailleur sont exposées les tenues traditionnelles des hommes, en tissus de couleurs éclatantes, avec des motifs en surimpression.
Nous définissions ensemble les formes et les zones de broderies, à l'aide d'un petit shéma sur son cahier.
Il va travailler sur sa vieille machine à coudre, sans électronique et robuste! Demain soir, tout sera prêt.
Au mur, une sorte de papier peint mais qui a dû perdre sa peinture, se décolle, et sert de post-it géant, l'interrupteur aux couleurs locales, et l'éternel paquet de sacs plastiques poisons du désert.
Le lendemain soir, ma tunique est presque prête. Je dois patienter dans la "salle d'attente", chaise bancale à côté de la machine à coudre, chaise qui a plusieurs vie derrière elle...
Encore quelques finissions, fer à repasser pour que tout soit impeccable. Le travail est bien fait, et j'aime avoir la surprise de la touche de l'artiste lui-même. Le petit shéma transformé en belle tunique me convient à merveille.
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